"Sur la paix"


Célébration du centenaire de l'armistice du u novembre 1918 à Limeil-Brévannes

 


«Si vis pacem, para bellum».

Locution latine tirée du livre de stratégie militaire du romain Végèce du Ve siècle qui signifie : « Qui veut la paix prépare la guerre». Ce qui laisse entendre que le monde n est vraiment pas une chose sûre.
Il y a 100 ans c'était la «der des der» ...
On n’imaginait pas que, peu après, il put y avoir une autre guerre, tout aussi atroce que la première.
Le 14 Juillet 1919 Georges Clémenceau disait devant l’assemblée nationale : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix » Ce que l'on peut interpréter par : la paix est à la fois et fragile et difficile.
La paix n'est pas l'absence de guerre, ni le contraire de la guerre.

Définir la paix comme l'absence de guerre réduit la paix à une vision vide, passive, lointaine. De même la paix n'est pas non plus l'absence de violence, elle est le contraire de la violence.
Ainsi on voit qu'on doit prendre la paix comme une activité et non pas comme une passivité. Elle est un engagement qui se pratique tous les jours dans toutes nos interactions. Rester passif envoie un mauvais signal et cela autorise les violents à augmenter la violence.

La violence est une atteinte à l'intégrité physique, psychique, morale, de l'autre et de soi.
De jeuness garçons qui jouent très physiquement, à la bagarre par exemple, ne sont pas dans la violence. Ils ne le seront que lorsque l'un d'eux n'est plus d'accord et que l'autre continue. Sans accord, alors il y a violence.
On s'aperçoit quen pratique la violence n'est pas un trait de personnalité, ou une émotion, mais un outil. C'est l'outil du dernier recours parmi les multiples outils dont les animaux et les humains disposent pour se protéger contre les agressions et contre la mort.
En dehors de cet usage exceptionnel, faire usage de la violence c'est être en contradiction avec ses valeurs humaines, son humanité, sa foi, son éthique, ses principes démocratiques, son sens de la justice.
La non-violence par contre est à la fois une éthique de comportement, fondée sur le respect profond et réciproque de la personne humaine, et une doctrine d'action sociale et politique.

Sans doute vous souvenez-vous que ces concepts ont été développés et appliqués par Gandhi et mis
en application par Martin Luther King, Lanza del Vasto, Nelson Mandela, Lech Walesa, Ibrahim Rugova, Cory Aquino, Desmond Tutu et bien d'autres avec un succès retentissant.
La paix et la non- violence forment ensemble une éthique de vie. Cette éthique de vie est le
fondement des textes religieux et spirituels, formulés par une même règle d'or de double réciprocité, d'empathie : « Aimer son prochain comme soi-même, ne pas lui faire ce que nous ne voudrions pas qu'il nous fasse»

Cette empathie, comme l'amour, est un sentiment religieux, dont le sens étymologique et noble du mot veut dire « qui relie » précisément, qui relie avec les autres, qui porte son regard sur les autres, qui apporte la fraternité qui nous pousse à aimer tous les êtres vivants, sans exception, à l'image du soleil qui chauffe et éclaire tous les êtres vivants de la même façon.

Ainsi, maintenant, en tant que citoyens, il nous appartient de vivre cette empathie, cette fraternité, de multiplier les occasions de les mettre en œuvre avec ses liens et ses ouvertures aux autres, et cela chaque jour, à chaque rencontre, à chaque découverte de l'autre.

Alors nous pourrons reprendre la prophétie du prophète Michée (4:1) :
« Le Dieu de Jacob sera le juge d’un grand nombre de peuples, l'arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des socs de charrues et de leurs lances des serpes, Une nation ne tirera plus Vépée contre une autre et Ion napprendra plus la guerre. Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier et il n’y aura plus personne pour les trouble r»

Bernard Monod

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